À la lisière des mondes

RETOUR SUR... L'ANNÉE 2025

2025 a marqué l'ouverture du premier chapitre à la lisière des mondes

Plusieurs évènements se sont succédés :

- PROJECTION DU DOCUMENTAIRE VIVANT PARMIS LES VIVANTS

Stipa, une vieille jument sauvage de Przewalski habite les immensités du Causse Méjean. Sa lignée compte moins de deux mille individus dans le monde. Sous la pluie, le vent et le soleil ardent, Baptiste Morizot, un humain philosophe passe de longs temps aux côtés de la famille de Stipa. Les chevaux l’aident dans son enquête sur nos interdépendances entre vivants et sur la longue histoire évolutive qui nous unit. Dans un tout autre environnement, entre les métros, les trains et les autoroutes, de conférences en conférences, la chienne Alba suit son amie humaine, elle aussi philosophe, Vinciane Despret. Timide et méfiante envers les primates sociaux que nous sommes, Alba a trouvé un nouvel équilibre en rencontrant Vinciane. Ensemble, elles sillonnent l'Europe et osent poser de nouvelles questions et proposer d’inverser la perspective anthropocentrique.

Ce film questionne les fondations de nos imaginaires, de nos héritages et de nos inconscients. Se percevoir autrement qu’en dehors de la «  nature  », que l’on occupe la place de l’exploiteur ou du protecteur, plutôt comme une espèce parmi tant d’autres, interdépendante, avec une histoire et un futur communs, bouscule en profondeur les archétypes qui régissent indirectement nos actions, nos désirs et nos espoirs.

Pour en savoir plus : https://www.arte.tv/fr/videos/115029-000-A/vivant-parmi-les-vivants/

- CONFÉRENCES ET RENCONTRES AVEC LA PHILOSOPHE VINCIANE DESPRET ET LES ANTROPOLOGUES NASTASSJA MARTIN ET PHILIPPE DESCOLA

En partenariat avec la Chaire Habitabilité de la terre et transitions justes de la Sorbonne

Les débats sur l’habitabilité de la terre et les nécessaires transitions à opérer pour pouvoir survivre dans un monde aux équilibres écologiques et climatiques bouleversés, ont acquis partout une profondeur et une densité inédites. Si le mythe de la substitution d’un modèle énergétique par un autre bat son plein aux niveaux économiques et médiatiques, les sciences humaines et sociales doivent travailler à l’émergence de nouveaux récits à même d’alimenter autrement nos imaginaires intellectuels et politiques. Au cours de cette rencontre, il s’agira de décaler les perspectives classiques de gestion des ressources en passant par l'anthropologie de la   nature   et la philosophie du vivant.

Forts de leurs regards scientifiques, de leurs recherches actuelles et de leurs expériences de terrain la philosopheVinciane Despret et les anthropologues Nastassja Martin et Philippe Descola, livreront en partage leur vision d’un monde en pleine métamorphose.

Capitalocène. Mode d’emploi

Philippe Descola, professeur émérite du Collège de France

La dévastation présente de la Terre, son habitabilité de plus en plus diminuée pour les humains et les autres qu’humains, ne sont pas des effets de l’Homme en général. Elles résultent d’un système, le capitalisme, dont on peut retracer les conditions d’avènement. Parmi celles-ci, il est en est une qui constitue une véritable révolution anthropologique, la séparation des humains du tissu des objets associés au sein duquel ils déploient leur existence. En quoi cette révolution anthropologique a-t-elle consisté ? Pour l’essentiel à transformer une large gamme d’autres qu’humains en choses exploitables et à exalter la subjectivité des humains pour mieux affirmer leur exceptionnalité au sein du vivant. Comprendre ce qui s’est joué dans ce processus, c’est se donner les moyens d’intervenir sur son cours afin de, peut-être, restaurer sur la Terre une habitabilité élargie.

Faire entrer les vivants non humains dans l’Histoire aujourd’hui

Vinciane Despret, professeure à l’université de Liège et à l’université libre de Bruxelles

Depuis quelques années de nombreux historiens se sont attelés à rompre avec l’oubli relativement ininterrogé de l’Histoire à l’égard des autres vivants. Leurs travaux les mènent souvent à réouvrir la question de la manière dont l’Histoire est faite. Pour souvent aboutir au constat qu’elle n’est pas faite pour eux, sauf à en changer pas mal de ses présupposés théoriques et méthodologiques. Je proposerai d’explorer , au départ d’un cas, comment se dégagent, progressivement, à l’ère de l’anthropocène, et de manières souvent différentes selon les recherches, des conditions d’historicité.

Retransmission de la conférence en direct sur le site du Bistrot des ethnologues

- RENCONTRE À QUOI TENONS-NOUS ?

Invitation à se mettre autour de la table pour penser ensemble : quelles sont les questions qui nous animent au quotidien, sur le territoire des Grands Causses, à l’aune des changements qui s’amorcent ? A quoi tenons-nous, pour reprendre les mots de Bruno Latour ? Comment nous organisons-nous, agissons-nous, depuis nos lieux et nos pratiques ? Dans quelle mesure pouvons et souhaitons-nous croiser nos idées, nos pistes de réponses et de réflexions ?

Ce premier rendez-vous au Mas Razal constituera l’amorce d’une série de rencontres organisées par le Mumig et la Chaire Habitabilité de la Sorbonne entre habitants, chercheurs et artistes autour des façons d’habiter le territoire des Grands Causses, ceci dans la perspective de construire le contenu d’un colloque à venir en avril 2026.

En présence des anthropologues Nastassja Martin et Philippe Descola